Si la musique est récemment devenue un objet géographique[1], les géographes ont longtemps pratiqué la musique comme compte-rendu des stages de terrain. Les étudiants en géographie mettaient ainsi en chanson leurs excursions. La pratique du terrain allait ainsi avec une découverte que les étudiants avaient pour « mission » de traduire en paroles.

Cette pratique des excursions de géographes (universitaires comme étudiants) est sortie de l’oubli grâce au géographe Philippe Pinchemel qui avait rassemblé certaines de ces chansons géographiques en 1988, puis au géographe Michel Sivignon qui, pour l’anniversaire des 10 ans des Cafés géographiques, a ainsi fait redécouvrir des chansons d’excursion[2], et même proposer un « géoslam »[3]. Les géographes Yann Calbérac et Michel Sivignon, travaillant notamment sur le fonds de Philippe Pinchemel, préparent actuellement un ouvrage sur cette pratique de terrain.

Pour faire sortir de l’oubli cette pratique, les étudiants en géographie de l’université de Savoie ont mis, à leur tour, en chanson, sur l’air de Gare au gorille (de Georges Brassens, album La Mauvaise réputation, 1952), leur propre excursion (voir le billet précédent), reprenant ainsi la tradition des excursions géographiques et de leurs chansons qui utilisaient les aires de la chanson traditionnelle et populaire. Moins de termes de géographie physique que dans cette pratique oubliée, mais toujours la volonté d’apprendre par le terrain ce qu’est être géographes.

 

 

B. Tratnjek

[1] Voir notamment :

-        Guiu, Claire (dir.), 2007, « Géographie et musiques, quelles perspectives ? », Géographie et cultures, n°59.

-        Guiu, Claire, « Géographes à l’écoute… La musique est-elle géographique ? Espaces sonores, lieux et territoires musicaux », 5e édition des journées Géo’rizon : « Géographie et arts », compte-rendu par Anaïs Gaidon, pp. 1-4.

-        Raibaud, Yves (dir.), 2009, Comment la musique vient aux territoires, Publications de la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, collection Culture en région, Pessac, 318 p. (voir l’introduction de cet ouvrage : https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/368407/filename/Musique_Territoire_Introduction.pdf)

-        Raibaud, Yves, 2009, « Musiques et territoires : ce que la géographie peut en dire », conférence d’ouverture du colloque internationale de Grenoble Musique, territoire et développement locale, 19-20 novembre 2009, en ligne : https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00666220/document

-        Raibaud, Yves (dir.), 2009, « Géographie, musique et postcolonialisme », Volume !, vol. 6, n°1-2/2009, en ligne : http://volume.revues.org/164

-        Guiu, Claire (dir.), 2009, « Le Monde en musiques », La GéoGraphie, octobre/décembre 2009, n°6.

-        Guiu, Claire, 2010 « Pulsations du corps, rythmes du monde. Les territoires de la musique », Cafés géographiques, compte-rendu du café géographique de Toulouse du 10 février 2010, en ligne : http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/CR-Musique-10.02.10.pdf

-        Raibaud, Yves (dir.), 2010, « Géographie des musiques noires », Géographie et cultures, n°76, en ligne : http://gc.revues.org/1010

-        Canova, Nicolas, 2014, La musique au cœur de l’analyse géographique, L’Harmattan, collection Musiques et Champ social, Paris, 220 p.

[2] A ce propos, voir les paroles des chansons géographiques redécouvertes lors du banquet des 10 ans des Cafés géo : http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/2008-banquet-10ème-anniv-cafésgéo-Les-chansons.pdf ; ainsi que les vidéos de ces chansons géographiques sur la chaîne Dailymotion des Cafés géographiques : http://www.dailymotion.com/cafes_geo

[3] Voir la vidéo du « géoslam » de Michel Sivignon : http://www.dailymotion.com/video/x720gt_geoslam_people